le point de l'actualité de la semaine : 46 2022

A la une aujourd’hui :  Atos risque une OPA hostile, menace pour la souveraineté numérique française ( Le portail de l’IE, Noé Di Franco)

Depuis 2021 et l’annonce d’un projet d’acquisition de l’américain DXC, la situation financière d’Atos, fleuron français des entreprises de services numériques, apparaît particulièrement préoccupante et laisse entrevoir une possible OPA hostile par un concurrent étranger. Si un rachat advenait, de nombreuses technologies de pointe liées au cloud, à l’intelligence artificielle et à la cybersécurité risqueraient d’être perdues. En conséquence, la souveraineté numérique française serait considérablement affaiblie.

Né de la fusion entre Axime et Sligos en 1997, Atos a réussi en 20 ans à devenir un des leaders mondiaux des entreprises de services numériques (ESN). Le groupe s’est diversifié dans de nombreux secteurs grâce à une multitude d’opérations de croissance externe. Aujourd’hui, le groupe se hisse dans le peloton de tête [CM2] sur les segments tels que la transformation digitale, les services cloud, la cybersécurité et le traitement des données. Ces divers secteurs sont primordiaux dans la construction d’une souveraineté numérique française, notamment pour stocker et protéger les données sensibles des acteurs publiques et privés nationaux. 

Alors que l’entreprise générait un chiffre d’affaires de plus de 11,5 milliards d'euros en 2018, le groupe a connu de nombreuses difficultés après l’annonce d’un projet d’OPA sur l’Américain DXC, acteur important des entreprises de services numériques, en 2021. Cette annonce a provoqué la fureur des investisseurs qui ont jugé que ce projet était dispendieux et inutile. Ces derniers estimaient également que le projet accroissait la vulnérabilité d’Atos au secteur de l’infogérance, c’est-à-dire l’externalisation de la gestion des services informatiques, d’autant que le groupe se positionne déjà parmi les leaders du marché et que les perspectives de croissance de ce segment apparaissent limitées. Dans ce contexte, l’agence de notation Standard & Poors a jugé que l’investissement dans les titres d’Atos était devenu spéculatif, abaissant sa notation de BBB+ à BB. 

Face aux difficultés financières auxquelles le groupe est confronté, un plan de restructuration est décidé en juin 2022 : Atos sera divisé en deux entités. D’une part, la branche infogérance, dont l’avenir passera par de lourdes refondations ; d’autre part, la branche cybersécurité et transformation digitale destinée à être introduite en bourse sous le nom d’Evidian. Ce nouvel acteur opèrera sur un segment particulièrement dynamique où les perspectives de croissance sont nombreuses mais nécessitent de lourds investissements. C’est notamment pour financer ces lourds investissements qu’Atos estime qu’une introduction en bourse d’Evidian est nécessaire. 

https://portail-ie.fr/analysis/4149/atos-risque-une-opa-hostile-menace-pour-la-souverainete-numerique-francaise

 

Economie de guerre : une centaine de goulets d’étranglement identifiés dans la BITD (Air et cosmos, Jean-Marc Tanguy)

Le ministère des Armées a tenu avec les industriels son deuxième séminaire consacré à l’économie de guerre le 8 novembre dernier, permettant de préciser quelques éléments de sa feuille de route et le contour des décisions à prendre.

Le ministère des Armées veut réduire de 20% les exigences documentaires

Le ministère des Armées a tenu avec les industriels son deuxième séminaire consacré à l’économie de guerre le 8 novembre dernier, permettant de préciser quelques éléments de sa feuille de route et le contour des décisions à prendre. Le format du séminaire était le même que le 7 septembre, avec en sus, la présence du comité Richelieu. Troisième édition prévue sous deux mois. Pour pouvoir accélérer les cadences et réduire les coûts, le ministère des Armées a décidé de réduire de 20% les exigences documentaires sur « un certain nombre de programmes futurs », confirmant aussi sa volonté de systèmes « plus simples et plus standardisés (…) sans dégrader la performance », détaille le cabinet du ministre, Sébastien Lecornu. La même source évoque aussi une « réflexion » pour injecter dans la prochaine loi de programmation militaire un principe de « priorisation », une sorte de coupe-file qui permette au Minarm d’obtenir plus rapidement de ses fournisseurs certains matériels ou composants si la situation l’exige.

Un peu plus de 100 entreprises identifiées comme "goulets d'étranglement"

Conscient que la flexibilité a ses limites, le minarm est prêt à donner « de la visibilité aux industriels », avec des lettres d’engagement en amont des contrats formels, ou même de notifier plus rapidement certains contrats, comme c’est déjà le cas dans les urgences opérations. Mais ces facteurs d’accélération pourraient buter sur des rigidités propres à la supply chain. Dans la BITD, « un peu plus de 100 entreprises » (sur un total de 4000) ont ainsi été identifiées comme des « goulets d’étranglement » s’il fallait accélérer les cadences. Pour gagner en réactivité, le cabinet du ministre réaffirme par ailleurs qu’il faut jouer sur les composants à long cycle d’approvisionnement, qui peuvent représenter « la moitié du cycle de production ». Donc disposer de stocks suffisants de matière première ou de composants pré-assemblés.

https://air-cosmos.com/article/economie-de-guerre-une-centaine-de-goulets-d-etranglement-identifies-dans-la-bitd-63543

L’hélicoptère de transport lourd n’est pas une une priorité pour le chef d’état-major de l’armée de l’Air (OPEX 360, Laurent Lagneau)

Cela fait longtemps que le Commandement des opérations spéciales [COS] réclame des hélicoptères de transport lourd [HTL] pour élaborer de nouveaux modes d’action, que ce soit pour des missions de contre-terrorisme ou pour contrer les « menaces futures ». En 2014, un rapport du Sénat alla dans son sens, en suggèrant l’achat d’appareils – CH-47 Chinook ou CH-53 – d’occasion.

Puis, les opérations menées au Sahel ne firent que confirmer la pertinence d’une telle capacité. Capacité qui fut fournie à la force Barkhane par la Royal Air Force [RAF], avec trois CH-47D basés à Gao [Mali] ainsi que par la force aérienne danoise, avec le déploiement ponctuel de deux EH 101 « Merlin ».

La question d’acquérir de tels hélicoptères avait été évoquée lors de l’élaboration de la Loi de programmation militaire 2019-25, l’armée de l’Air [et de l’Espace] ayant envisagé de s’en procurer… avant d’y renoncer. Ce qui suscita un commentaire ironique de la part du général Jean-Pierre Bosser, alors chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], en septembre 2018.

http://www.opex360.com/2022/11/19/lhelicoptere-de-transport-lourd-nest-pas-une-une-priorite-pour-le-chef-detat-major-de-larmee-de-lair/

"Les cadres de réserve : des cadres de la société civile, également cadres des armées" (Lignes de défense, Philippe Chapleau)

Le vendredi 25 novembre aura lieu, dans les locaux de l’UBFT (L'Union des Blessés de la Face et de la Tête) à Paris, un colloque dont le thème est : "Cadres de réserve: des cadres de la société civile, également cadres des armées ». Il est organisé par l'association Réunion des ORSEM.

Ce colloque a pour objectif de dresser un inventaire des contraintes et opportunités pour les parties prenantes (employeurs civils et militaires, enseignement supérieur civil et militaire) et d’observer les organisations retenues en Grande Bretagne et en Suisse, afin d’en dégager des propositions.

Une place pour les réserves.

En cette période de relative effervescence sur le sujet de la réserve militaire, après les déclarations du Président de la République et du CEMA, alors qu’il est question notamment d’en doubler le volume (voir les déclarations du ministre des armées), la Réunion des ORSEM souhaite attirer l’attention du commandement et des autorités sur la nécessité de conserver une place et un rôle à la réserve constituée de membres ayant une "première vie" dans la société civile.

Selon Bernard Bon, le président de l'association, "nous constatons depuis plusieurs années la dérive vers une réserve intérimaire dans laquelle les armées prélèvent de la ressource pour pallier des insuffisances d’effectifs. Nous sommes là très loin de la vocation historique et de l’étymologie même du terme. Cette réserve privilégie souvent de fait de très jeunes gens (étudiants) qui ont une durée de vie limitée dans l’institution ainsi que des retraités, fréquemment issus de l’active. Il s’ensuit le recul de la représentation de la société active dans la réserve".

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/index-1.html

L’Europe face au soulèvement national iranien (Télos, Clement Therme)

L’Europe a été surprise par le soulèvement populaire en Iran à l’automne 2022. Les chancelleries occidentales avaient placé leurs espoirs dans le renforcement d’une faction « modérée » en République islamique, depuis 2009 et la répression du Mouvement Vert, des conservateurs « pragmatiques ». Ce pragmatisme de la République islamique a certes existé sous la forme d’une Realpolitik islamiste. Le problème est l’instrumentalisation de la question de la « modération » dans ses relations avec l’Occident en général et avec les Etats européens en particulier. En effet, la stratégie du « modéré » et du « conservateur » vise à répondre à la politique de la carotte et du bâton de l’Occident. Lors des négociations internationales, le gouvernement « modéré » ou « réaliste » qui ne détient pas la réalité du pouvoir à Téhéran peut faire valoir à ces interlocuteurs occidentaux l’impérieuse nécessité pour les intérêts de son pays de traiter avec sa faction ; sinon le négociateur iranien gouvernemental exerce une forme de chantage sur son interlocuteur occidental indiquant qu’en cas d’échec diplomatique cela favoriserait le renforcement de l’Etat profond c’est-à-dire l’appareil de sécurité dominé par les gardiens de la Révolution (pasdaran) face à l’Etat apparent (le gouvernement officiel).

Le piège modéré se referme ainsi sur la stratégie de la carotte et du bâton occidentale tout en divisant le camp ennemi (doshman) et ce de plusieurs manières : en jouant Bruxelles contre Washington d’abord ce qui fonctionne désormais très mal du fait de l’extraterritorialité des sanctions économiques unilatérales américaines mais qui était le cœur cette stratégie dans les années 1990 jusqu’en 2005 ; ensuite il s’agit de diviser les chancelleries occidentales entre partisans du dialogue avec la République islamique, une puissance régionale incontournable, et les soutiens occidentaux de la ligne dure contre Téhéran

https://www.telos-eu.com/fr/leurope-face-au-soulevement-national-iranien.html

Diplomate, pour quoi faire ? Entretien avec J. Bonnafont (Diploweb, Jérôme Bonnafont, Pierre Verluise)

Pierre Verluise (P. V. ) : Quels sont les risques du métier de diplomate ?

Jérôme Bonnafont (J. B. ) : Je suis plus disert par tempérament sur ce qu’apporte ce métier que sur les risques qu’encourent les diplomates - mais la question est importante et allons-y !

Les plus manifestes sont bien sûr les risques physiques, en particulier dans les pays en situation de guerre civile ou de crise. Nos diplomates à Bagdad ou dans beaucoup de pays africains par exemple sont souvent lourdement protégés. Des collègues sont morts ou ont été blessés dans des attentats, certains ont été otages. C’est Dieu merci rarissime mais la protection des diplomates et des ambassades est l’une des plus fortes préoccupations du Ministère, qui y consacre d’importants moyens.

Dans les pays connus pour leur insécurité, les diplomates doivent évidemment prendre les mêmes mesures que les autres habitants. L’immunité diplomatique ne protège pas contre les criminels !

Mais il existe aussi, dans certains pays ou systèmes, des formes plus pernicieuses d’atteinte à la sécurité et à l’intégrité des diplomates. Ce sont toutes celles par lesquelles les « services » de certains États, entendons par là les polices politiques ou les services secrets, tentent de faire tomber sous leur influence ou de neutraliser des diplomates. J’évoque dans mon livre le fameux acronyme anglais « MICE » qui résume bien les vulnérabilités de chacun - Money, Ideology, Compromission, Ego.

Plus bénigne, mais néfaste, « l’indigénisation » est le phénomène par lequel l’empathie avec le pays ou la cause risque de finir par obscurcir la conscience des intérêts nationaux que l’on doit défendre.

Chaque diplomate se doit d’être formé à ces risques et travailler sur ses vulnérabilités pour éviter les pièges.

https://www.diploweb.com/Diplomate-pour-quoi-faire-Entretien-avec-J-Bonnafont.html

De Bali à Bangkok : une vitrine pour la stratégie indo-pacifique de la France dans la région (IRIS, le point de vue de Marianne Péron-Doise)
Pourquoi la France a-t-elle adopté une stratégie indo-pacifique et comment la définir ?
Pour la France, l’Indo-Pacifique est plus qu’un concept, c’est une réalité humaine et économique car – avec la Réunion et Mayotte dans l’océan Indien et la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française en Océanie – elle a la charge, en termes de sécurité et de développement, d’1,6 million de personnes. La France est un pays résident, désormais seul état membre de l’Union européenne dans la zone mais elle est aussi engagée en tant que puissance globale dans la sécurité régionale et ceci depuis plusieurs années. Son ancrage diplomatico-stratégique est ancien et apprécié au sein des enceintes multilatérales de coopération de la région, notamment l’ASEAN, où elle défend une approche coopérative et inclusive qui trouve un écho très favorable au sein des pays d’Asie du Sud-Est qui ne souhaitent pas être victimes de la compétition de puissance croissante entre la Chine et les États-Unis. Le réseau diplomatique français comporte 25 ambassades et compte autant d’attachés de défense. Cela en fait un partenaire stratégique de poids en raison des capacités militaires prépositionnées dans la zone qu’elle renforce régulièrement avec le déploiement programmé d’unités de la métropole dont le porte-avions Charles de Gaulle ou un bâtiment de projection et de commandement (BPC) de classe Mistral.

Par ailleurs, la France a effectué un long travail de réflexion quant à la définition de sa stratégie et elle dispose à ce jour de publications ministérielles régulièrement mises à jour. Il n’y a guère que les États-Unis qui disposent d’autant de documents de référence sur le sujet. Les armées ont été les premières à élaborer un document spécifique « Une stratégie de défense en Indopacifique » en 2019, soit une actualisation de publications datant de 2016 dédiées au théâtre asiatique. En 2021, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a édité un document de 16 pages sur les « Partenariats de la France en Indo-Pacifique »  suivi par une stratégie spécifique de 78 pages. De plus, la France a nommé dès 2020 un ambassadeur pour l’Indo-Pacifique et a organisé les six mois de sa présidence du Conseil de l’Union européenne en 2022 autour de ce concept que par ailleurs elle a convaincu Bruxelles d’adopter. L’orientation coopérative et inclusive de l’approche européenne donne par ailleurs des marges de manœuvre accrues à la France qui peut s’appuyer sur les capacités diplomatiques et financières de l’organisation – un des premiers investisseurs dans la région. Les deux approches se complètent en miroir sur des thèmes communs liés à la défense des normes internationales et de l’État de droit et à la lutte contre le changement climatique comme un engagement en faveur de la connectivité régionale pour favoriser les échanges interrégionaux et une gouvernance maritime durable.

https://www.iris-france.org/171570-de-bali-a-bangkok-une-vitrine-pour-la-strategie-indo-pacifique-de-la-france-dans-la-region/

Guerre en Ukraine : producteurs, pays acheteurs ou belligérants, ceux qui ont le plus de pouvoir sur le marché du pétrole ne sont pas ceux que vous croyez (Atlantico, Francis Perrin)

Les prix du pétrole ont baissé depuis l'été même avec la réduction de production de l'OPEP+ et malgré le contexte de la guerre en Ukraine. N’assiste-t-on pas à une perte du pouvoir de fixation des prix de la part des producteurs de pétrole ?

Atlantico : Les responsables occidentaux du G7 finalisent les plans visant à plafonner les prix du pétrole russe. Le prix définitif sera établi dans les semaines à venir, avant la mise en oeuvre de l'embargo européen sur le pétrole russe le 5 décembre prochain. Les prix du pétrole ont baissé de 25 % depuis que le plafond a été inclus pour la première fois dans le communiqué du G7 en juin. Les prix sont en baisse même avec la réduction de production de l'OPEP+. Comment expliquer cette baisse et cette réalité sur le marché du pétrole ? Est-ce lié à la crainte d’une récession ? N’assiste-t-on pas à une perte du pouvoir de fixation des prix de la part des producteurs de pétrole ?

Francis Perrin : Il est certes étrange, au premier abord, de constater que, alors que la guerre en Ukraine continue à faire rage, les prix du pétrole ont baissé significativement depuis l'été. Cela dit, on note une remontée des prix depuis le 26 septembre si l'on prend comme illustration les cours du Brent de la mer du Nord. Entre le 9 juin et le 26 septembre, on est passé de près de $115 par baril à $83/b environ. Le vendredi 28 octobre, le prix à la clôture était d'environ $96/b.

La principale cause de cette baisse des prix du brut est la crainte d'une récession économique mondiale dans un avenir proche. Ce n'est bien sûr pas une certitude mais c'est un scénario qui inquiète les marchés pétroliers. Cet effet baissier a été supérieur depuis plusieurs semaines à l'impact haussier de la guerre en Ukraine. Il faut ajouter à cela les conséquences économiques et énergétiques de la politique chinoise du ''zéro Covid''. La Chine étant le deuxième consommateur mondial de pétrole et le premier importateur, le ralentissement de son économie ne peut qu'avoir un impact baissier sur les cours de l'or noir.  La hausse du dollar est aussi un facteur important qui explique le recul des cours du brut depuis l'été. Il existe souvent une relation inverse entre les évolutions du cours du dollar et du prix du pétrole.

https://atlantico.fr/article/decryptage/guerre-en-ukraine-producteurs-pays-acheteurs-ou-belligerants-ceux-qui-ont-le-plus-de-pouvoir-sur-le-marche-du-petrole-ne-sont-pas-ceux-que-vous-croyez-russie-arabie-saoudite-qatar-etats-unis-or-noir-energie-gaz-p

Superprofits : la taxe pourrait rapporter 30 fois plus que prévu (Economie matin, Paolo Garoscio)

Les superprofits des compagnies pétrolières, Bruno Le Maire et le gouvernement ne veulent pas en entendre parler. Après avoir nié purement et simplement leur existence, ils ont fait l’objet d’une mini-taxe dans le cadre du Budget 2023. Sauf que cette taxe pourrait se révéler milliardaire…

Une taxe sur les superprofits à 200 millions d’euros…

Appelée sobrement « taxe exceptionnelle sur les activités pétrolières », pour éviter d’utiliser le terme très politique de « superprofits », cette nouvelle imposition a été actée début octobre 2022. Mais son application devait rapporter bien moins que ce qu’attendaient les défenseurs d’une taxation des superprofits. « Que 200 millions d’euros », avait déclaré le 11 octobre 2022 Bruno Le Maire. Ce devait être une preuve de plus que les superprofits n’existaient pas. Le ministre de l’Économie avait d’ailleurs déclaré devant le Medef : « je ne sais pas ce que c’est qu’un superprofit ».

Malheureusement pour le locataire de Bercy, il semblerait que sa propre taxe va être à l’origine d’une manne financière inattendue pour le gouvernement. Selon les calculs de l’Institut des Politiques Publiques (IPP) et le Cepremap, la taxe rapporterait beaucoup plus qu’annoncé.

https://www.economiematin.fr/superprofits-taxe-montant-declarations-analyse-calcul-erreur

Solidarité Nord-Sud, financements, débats sur le 1,5 °C, méthane : ce qu’il faut retenir de la COP27 (The conversation, Christian de Perthuis)

Au terme d’âpres négociations, les pays réunis à la conférence climat de Charm el-Cheikh (6-18 novembre 2022) sont parvenus à un accord sur la question des financements climatiques, via la création d’un fonds « pour pertes et dommages ».

Dans sa décision finale, la COP27 ouvre ainsi la perspective d’un élargissement des transferts financiers des pays riches vers les pays moins avancés.

En l’absence de tels transferts, il n’y a pas de chemin praticable vers le 1,5 °C, la cible ultime introduite par l’Accord de Paris.

Avec cette question des financements au centre des négociations, la COP27 de Charm el-Cheikh promettait un bras de fer entre le Nord et le Sud. Elle n’a pas déjoué les pronostics et l’Afrique, fortement représentée (avec 2,3 fois plus de délégués qu’en 2021), y a donné de la voix.

Cette polarisation des débats entre pays riches et ceux moins avancés ne doit pas toutefois faire oublier le rôle crucial des pays émergents (la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, etc.) pour affronter le réchauffement global. Ce groupe de pays contrôle en effet plus de 60 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

https://theconversation.com/solidarite-nord-sud-financements-debats-sur-le-1-5-c-methane-ce-quil-faut-retenir-de-la-cop27-194988

Pour Darmanin, « les drones sont la principale menace terroriste d’aujourd’hui et de demain »( Sud Ouest, avec AFP)

Évoquant la Coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques en 2024, le ministre de l’Intérieur juge que la plus grande menace qui plane sur ces événements est une éventuelle attaque par des drones

Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin a affirmé ce dimanche que « l’attaque par des drones » était « la menace terroriste principale » pour les événements sportifs comme la Coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques en 2024 organisés en France.

Les drones sont « la menace terroriste principale d’aujourd’hui et de demain, un drone chargé d’explosifs qui va sur une foule, sur une équipe exposée, sur une cérémonie d’ouverture comme aux Jeux olympiques par exemple », a-t-il affirmé depuis Doha, au Qatar. « Quand on organise un événement comme celui-là, les attaques cyber, la lutte anti-drone, les questions de menaces terroristes, les flux des personnes sont des sujets importants ».

https://www.sudouest.fr/france/pour-darmanin-les-drones-sont-la-principale-menace-terroriste-d-aujourd-hui-et-de-demain-13048198.php

Hercule renaît de ses cendres. Un « Grand EDF » pour moins de grandeur du service public ? (Le Portail de l’IE, Aymeric Le Brun)

Le 8 novembre 2022, le député PS Philippe Brun a mis dans l’embarras les membres de l’Agence des Participations de l’Etat à Bercy, en enquêtant sur le rapport sur l’opération boursière de recapitalisation publique de l’énergéticien français. D’après le député, « les documents de Bercy prévoient bien un démantèlement d’EDF ». Un fait démenti par le gouvernement.

Si le projet d’OPA d’EDF par l’Etat annoncée en début d’été intrigue l’hexagone depuis plusieurs mois, il conviendrait d’en éclaircir les implications indirectes. Ici, plusieurs éléments s’entrecroisent et l’opération de recapitalisation intervient à un moment charnière de la politique énergétique française.

Les déboires financiers du groupe

La première justification s’établit à l’analyse des finances et des résultats d’EDFEn effet, la dette catastrophique du groupe avait jusqu’alors atteint un seuil critique, avec des projections à presque 100 milliards d’Euros fin 2022. Déclassée une nouvelle fois par l’agence de notation Standard & PoorsEDF verrait ses capacités de financement menacées, au moment où l’énergéticien a la charge de l’entretien, du renouvellement, et de l’élargissement du parc nucléaire français voulu par le gouvernement dans le cadre du plan France 2030. Déjà submergé par ses dettes, le groupe est donc tenu d’emprunter dans un contexte de contraction de l’économie européenne, avec une dégradation de ses finances et de ses capacités de remboursement des créanciers, sans oublier la troisième hausse consécutive du taux directeur de la BCE. La situation de l’énergéticien s’apparente alors au cauchemar, et il s’agit donc pour l’Etat de recapitaliser afin de permettre l’accès au marché obligataire à EDF.

https://portail-ie.fr/analysis/4146/hercule-renait-de-ses-cendres-un-grand-edf-pour-moins-de-grandeur-du-service-public

[RAPPORT] La guerre des normes, cœur nucléaire de la course à l'intelligence artificielle (Le Portail de l’IE, Mat M.Hauser)

Enjeu technologique central pour les décennies à venir, l’IA est aussi un vrai sujet politique et géopolitique, théâtre de rapports de force entre entreprises et États. Au centre de ces rivalités, la normalisation apparaît comme un élément clé des débats, pour imposer sa vision et conquérir de nouveaux marchés. Pendant plus d’un an, les membres du club Influence de l’AEGE ont travaillé en collaboration avec l’AFNOR sur cette guerre normative dans la course à l’IA, publiant un rapport synthétisé dans cet article.

La décision de l’administration fiscale d’avoir recours à une solution logicielle basée sur une intelligence artificielle (IA), développée par Capgemini et Google, pour traquer les contribuables fraudant les impôts fonciers a fait grand bruit durant l’été 2022. Elle rappelle deux éléments fondamentaux que sont l’importance de l’IA comme technologie de rupture, mais surtout l’importance de développer une vision souveraine sur ce sujet, en ne laissant pas des acteurs étrangers imposer les futures règles encadrant la technologie de l’IA  et de son marché.

Ainsi, cette affaire a été une nouvelle confirmation de l’importance croissante des solutions basées sur l’IA dans un futur proche. Cette technologie s’impose véritablement comme un enjeu incontournable des décennies à venir sur les plans technique et politique. Du fait de la puissance et des possibilités qu’elles ouvrent, les solutions reposant sur l’IA ont pour corollaire de soulever d’importants débats éthiques. En effet, il convient de s’interroger sur la façon dont un logiciel peut être utilisé pour surveiller des individus, sur les modalités de stockage des données récoltées, mais également sur l’identité des acteurs qui y ont accès. Le cas d’espèce en est un bon exemple, puisque si l’on observe le potentiel immense du logiciel utilisé par la DGFIP pour traquer les contrevenants fiscaux, on perçoit aussi comment cette même technologie pourrait être nocive si elle tombait en de mauvaises mains…

https://portail-ie.fr/analysis/4141/rapport-la-guerre-des-normes-cur-nucleaire-de-la-course-a-lintelligence-artificielle

« France 2030 » : 20 milliards d’euros dans l’innovation technologique et énergétique avant 2024 (Euractiv, Paul Messad)

Le gouvernement français a présenté vendredi (18 novembre) un premier bilan de son plan France 2030, lancé en octobre 2021, consacré à l’innovation pour la transition. En 2022, ce sont ainsi plus de 10 milliards d’euros qui ont été investis. Autant le seront en 2023.

Annoncé le 12 octobre, le plan France 2030 vise à soutenir l’innovation et accompagner la transition du monde industriel. Le président de la République annonçait initialement 30 milliards d’euros d’investissements, dont huit milliards dans les nouvelles énergies. Aujourd’hui, les montants promis s’élèvent à 54 milliards d’euros, dont 8,4 milliards déjà engagés sur l’année 2022.

Mais pour 2023 et les années suivantes, la Première ministre a annoncé, dans un entretien à au journal Les Echos, qu’il était « plus important que jamais d’accélérer la mise en oeuvre » du plan. C’est pourquoi le gouvernement prévoit d’engager 10 milliards sur l’année 2023. 

Avec 1 700 projets soutenus sur l’année 2022, « France 2030, ce sont des moyens pour être, aujourd’hui, au rendez-vous de l’histoire », écrit le président de la République dans le dossier de presse pour les « un an d’actions » du plan.

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/france-2030-20-milliards-deuros-dans-linnovation-technologique-et-energetique-avant-2024/

Arrêté du 10 novembre 2022 portant homologation de modifications du règlement général de l'Autorité des marchés financiers

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046577870

Arrêté du 15 novembre 2022 portant modification de l'agrément national de sécurité civile pour la Croix-Rouge française

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046577942

Décret n° 2022-1444 du 18 novembre 2022 portant dérogation aux règles de réévaluation des montants de la solde des volontaires et de la solde spéciale

(en suivant deux arrêtés)

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046578016

Décret n° 2022-1445 du 18 novembre 2022 relatif aux centres régionaux en antibiothérapie

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046578195

Arrêté du 31 octobre 2022 modifiant l'arrêté du 1er juillet 2016 précisant les conditions du libre accès aux véhicules de transport ferroviaire des services ou unités de la direction générale des douanes et droits indirects

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046576123

Arrêté du 7 novembre 2022 portant inscription sur la liste mentionnée au 1° de l'article L. 122-5-1 du code de la propriété intellectuelle

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046576906

Décret n° 2022-1440 du 17 novembre 2022 relatif aux modalités de l'information des consommateurs au sujet du caractère consommable des denrées alimentaires

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046572104

Arrêté du 28 octobre 2022 décidant la souscription par GIAT Industries SAS à une augmentation de capital de la société SNPE

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046562000

Décret n° 2022-1434 du 15 novembre 2022 relatif au dossier médical en santé au travail

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046562060

Décret n° 2022-1433 du 14 novembre 2022 relatif à la mise en extinction du corps des administrateurs du Conseil économique, social et environnemental

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046556512

RETROUVEZ L’INTEGRALITE DE LA REVUE DE PRESSE DEFENSE

SUR LE SITE DE L’UNION-IHEDN, en cliquant sur le lien :

http://www.union-ihedn.org/les-actualites/revue-de-presse/

 

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  • Catherine Samson
    published this page in Actualité 2022-12-05 09:57:59 +0100
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